Les calendriers luni-solaires

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Les calendriers lunaires peuvent être séduisants, mais ils ont le notable inconvénient de se décaler progressivement par rapport aux saisons. Pourrait-on faire mieux ? Eh bien oui ! Il suffit de combiner les calendriers lunaires et solaires afin de synchroniser avec et la Lune, et les saisons — c’est ce que font les calendriers luni-solaires.

D’où vient le problème ?

Les années tropiques (durée d’un cycle complet de saisons) et les mois lunaires (durée d’un cycle complet de phases de la Lune) ne se goupillent pas bien. En effet, une année tropique dure environ 365 jours et un quart ; quand un mois lunaire dure lui 29 jours et demi.

Au bout de 12 mois lunaire, se sont écoulés 354 jours et un tiers ; les mois lunaires sont donc de plus en plus en avance sur l’année solaire, à raison d’un mois tous les trois ans ! C’est peu gérable, de finir par retrouver les mois d’été en hiver et vice-versa.

Comment rattraper le coup ?

Concrètement, on va rajouter des jours à l’année pour compenser le décalage ; mais différents calendriers ont différentes méthodes pour ce faire, dépendant du degré de précision que l’on veut — dans tous les cas, le calendrier se décalera au fil du temps (comme nos calendriers solaires, d’ailleurs) ; la question est de savoir si on accepte qu’il se décale de plusieurs mois par décennie ou de quelques jours par millénaire.

La méthode la plus simple approxime l’erreur à une dizaine de jours tous les ans, ce qui revient à ajouter un mois tous les trois ans, ce qui fait des années à treize mois une fois sur trois — on parle d’année embolismique.

Mais ce n’est pas très précis, et le décalage persiste, bien que sur une durée plus longue variant selon les calendriers et la durée exacte de ce mois supplémentaire.

Une autre méthode, plus utilisée, compense l’erreur supplémentaire en ajoutant sept mois tous les dix-neuf ans — on a une erreur de deux heures tous les 19 ans, soit un jour tous les 128 ans, ce qui est mieux même si pas extraordinaire (c’est similaire au calendrier julien). Le calendrier chinois utilise cette méthode (entre autres2), qui a un nom : c’est le cycle de Méton, du nom d’un astronaume du IIIème siècle avant J.-C. qui aurait trouvé ce cycle1.

On pourrait aller plus loin (par exemple en ajoutant 376 mois tous les 1021 ans), mais il s’agit ici de trouver un compromis entre précision et praticité…

Nous verrons dans les futurs articles comment plusieurs calendriers intègrent les ajustements du calendrier luni-solaire concrètement, car il n’y a pas qu’une seule manière de faire — on retrouvera souvent les sept mois tous les dix-neux ans, mais pas toujours, et la façon de les placer peut pas mal varier.


  1. Le conditionnel est important : la paternité du cycle à Méton est soumise à débat.

  2. Grecs, gaulois, macédoniens… utilisaient aussi ce genre de calendrier. Et les romains, aussi, avant le calendrier romain dont on a parlé.